10/02/2012

Burqa blabla ou le jeu avec nos libertés.

Quelques extraits tirés de

http://blog.marcelsel.com/archive/2012/02/09/burqa-blabla...

Caroline Fourest ... a réussi, en une émission, à me donner à voir qui était vraiment Tariq Ramadan... un prédicateur. Un de ces hommes prétendument réformistes qui empêchent, justement, les vrais réformistes (...) de faire leur travail. Un travail auquel ils aspirent, un travail indispensable pour nous tous, que nous soyons croyants ou non, musulmans ou non. Ramadan est un homme qui appelle à un «moratoire technique» sur les punitions physiques, et notamment, sur la lapidation. Caroline Fourest rappelle que la fin de cette méthode barbare était déjà évoquée du temps de Mahommet, par le Prophète lui-même. ...

...Souhail Chichah, chercheur à l’ULB qui a organisé la «manifestation» de ce début de semaine, montre ce qu’il est réellement : un fasciste. ... au sens large. Celui qui couvre toute censure, toute manipulation propagandiste, ... Plutôt que d’entrer dans le débat ... il n’a trouvé que deux mots à scander et à faire scander par ses disciples : «burqa blabla». Une intervention honteuse à plusieurs égards. Tout d’abord, parce que cette scansion sur la burqa réduit Caroline Fourest à ses considérations sur l’islam fondamentaliste, alors qu’elle était venue parler de l’extrême droite.... Ensuite, parce que la seule raison de l’intervention de ces islamistes de pacotille était l’opposition de Fourest à Tariq Ramadan. Où l’on voit d’ailleurs à quel point elle a raison de fustiger l’influence du prédicateur sur les masses. Sans avoir rien dit, sans avoir rien ordonné, Ramadan a obtenu la censure de Caroline Fourest dans une université libre, qui a toujours imposé le libre examen comme principe fondamental ..

De plus, le ton naïf, de bac à sable, du slogan «burqa blabla» décrédibilisait, et les éminents intervenants présents, et le sujet (l’extrême droite est-elle devenue fréquentable), et l’auditoire, et l’université elle-même. Là ne s’arrête pas la honte. L’idée même de perturber un débat parfaitement ouvert et pacifique par une action officiellement «ludique» mais effectivement d’une violence (non-physique) obscurantiste ne peut être née dans le cerveau d’un démocrate, d’un libertaire, d’un libéral, mais bien dans celui d’un extrémiste, d’un obscurantiste, d’un égotiste qui prétend imposer ses idées par la violence (non physique), plutôt que par l’argumentation. C’est la fin de l’universalité, c’est la fin de l’université. C’est la fin de la liberté. Et que le personnage en question soit lui-même un membre de l’académie est tout simplement hallucinant.
 
Ces actions «ludiques», je les connais bien. Elles ne diffèrent en aucune façon de celles, par exemple, du TAK ou du Voorpost. Ce sont les mêmes. Elles n’ont pour but que d’interdire l’accès à la parole à l’autre, à celui qui pense différemment. Et elles sont d’une hypocrisie révoltante, dès lors que tout en censurant une activité publique, elles se prétendent «sympathique». La censure n’est jamais sympathique, jamais !
 
Mais le pire n’est pas tant la censure en elle-même. Le pire dans cette histoire, c’est qu’immédiatement, les islamophobes de tous poils se sont emparés de l’événement qui, de leur point de vue, démontre que, oui, l’islam, c’est une belle saloperie dont il faut se séparer fissa. Et que les populistes soft, eux aussi, se sont précipités sur le burqa blabla, sur l’université trop tolérante, sur la gauche trop multiculturelle, et sur la «bien-pensance», ce nouveau terme cryptopopuliste qui ne sert qu’à décrédibiliser d’avance toute présentation nuancée du «problème». Souhail Chichah leur donne raison. Et cela n’a rien d’étonnant : ces deux extrémismes ont besoin l’un de l’autre pour s’alimenter. Tous deux ont besoin d’un ennemi extérieur: l’islamisme se nourrit d’une extrême droite qui le menace de mort, l’extrême droite s’alimente d’un islamisme le plus obscurantiste possible qui l’abreuve «d’arguments» pour sa propagande islamophobe, occultant le fait que la plupart des musulmans, pas seulement en Europe, ne se reconnaissent pas dans la sharia et ne voudraient pour rien au monde qu’elle soit instituée en Europe - du moins pas la sharia dans sa version frères musulmans. 
 
À ce sujet, France 2 diffusait cette semaine un reportage formidable sur les ultra-islamistes en Tunisie. Ceux qui se réclament de Ben Laden, qui perturbent avec les mêmes méthodes que la bande à Chichah les examens dans les universités tunisiennes : en occupant les lieux, en prenant un pouvoir de force, sous un prétexte «ludique». Eh bien, figurez-vous que ces frères ultra-islamistes, ils sont à peine quelques centaines dans toute la Tunisie. Et les étudiants et profs tunisiens, tous musulmans, sont atterrés. Tout simplement atterrés. Comme vous et moi aujourd’hui. En Tunisie, le niqab (burqa noire) est interdit sur les campus. Alors, non, ce n’est pas l’islam qui est obscurantiste, ce ne sont pas les musulmans, ce sont des gens comme Souhail Chichah et ses semblables qui empêchent le dialogue, qui portent violemment atteinte à la liberté d’expression, et eux seuls. 
 
Alors, je renvoie tous ces extrémistes dos à dos. Qu’on nous en débarrasse. Qu’on considère enfin les «actions ludiques» pour ce qu’elles sont : des violences déguisées, hypocrites, mais des violences véritables. Et qu’on agisse. Qu’on n’ait pas peur de faire des «martyrs». Ils trouveront toujours bien une raison de se poser en martyrs. Il y a un moment où il faut ouvrir les yeux, il y a un moment où il faut savoir se défendre. Donner la parole à l’agresseur était une jolie manière de montrer qui il était, et à quel point l’action était malhonnête, mais ça n’a pas permis la poursuite du débat ! Alors, dans un tel cas, il existe un moyen de régler la question. Il n’a rien d’asocial, au contraire. Il est là pour maintenir le droit à la liberté d’expression. Empêcher les autres de s’exprimer est exactement le contraire de la liberté d’expression, c’est la censure, c’est le fascisme. Ce moyen, tout le monde le connaît. Tout le monde l’utilise quand il est en danger. Quand ce sont nos valeurs fondamentales qui sont en danger, il ne faut pas hésiter une seconde. Ce moyen s’appelle la police. Pas pour permettre à quelques intervenants de s’exprimer. Pas pour maintenir l’ordre. Mais pour préserver les plus fondamentales de nos libertés. C’est le rôle des forces de l’ordre de régler ce genre d’attentat. Qu’il s’agisse des amis du Tak ou de ceux de Tariq. Ce sont tout simplement les mêmes.

 

17:08 Écrit par les moraliens 1030 dans Madame Petit | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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