12/07/2013

Pour une recherche libre

Le ministre Nollet, dans son projet de décret sur la recherche scientifique, souhaite que l’octroi de crédits publics soit conditionné, dans une certaine mesure, à la prise en compte des « impacts sociaux potentiels ».

 

Le Centre d’Action Laïque, dans le sillage de l’ULB et dans un souci d’une recherche réellement libre, souhaite faire connaître son inquiétude eu égard à cette perspective.

 

Certes, en tant qu’humanistes, nous ne pouvons rester insensibles à deux aspects différents qui sous-tendent toute recherche, à savoir : le principe de précaution et le bénéfice sociétal.

Ces deux aspects ne sont toutefois pas liés à la recherche fondamentale elle-même, mais bien à ses applications concrètes. Pour ce qui est du bénéfice sociétal, il est souvent impossible à un chercheur d’en définir exactement les contours, tant les objets de recherche sont dépendants du contexte d’évolution des connaissances au niveau mondial. Tel n’est d’ailleurs pas l’objet de la recherche fondamentale, qui est de faire évoluer les connaissances de façon globale afin de fournir de nouveaux outils à concrétiser le cas échéant. Auquel cas il y a lieu de prendre en compte le principe de précaution et, éventuellement, de justifier du bien-fondé social des produits développés.

 

Pour le Centre d’Action Laïque, dont le fondement philosophique est le libre-examen, la recherche scientifique doit être libre. Cette liberté est l’essence même du progrès. Mais cela ne peut en aucun cas limiter la liberté de recherche et l’autonomie de la science.

 

Le CAL souhaiterait que le ministre Nollet, dans sa volonté peut-être respectable, éclaircisse sa position – et subséquemment son texte – en fonction des nombreuses demandes émanant de la communauté scientifique.

 

Pierre Galand, président du Centre d’Action Laïque       

 

10:42 Écrit par les moraliens 1030 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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